Restauration du réservoir Beaudet

Pour la pérennité de la principale source d'eau potable de Victoriaville

 

Mise en contexte

Créé lors de la construction du barrage Beaudet en 1976, le réservoir garantit une source d'eau brute pour les besoins de la Ville de Victoriaville.

Depuis sa mise en eau, le réservoir a bénéficié de plusieurs aménagements et constitue aujourd'hui un parc récréotouristique d'importance pour la Ville et pour ses habitants.

Personnes sur le site du futur réservoir Beaudet (archives)
Le réservoir a été créé par la construction du barrage Beaudet, en 1976 (source: Archives de la Ville de Victoriaville).

 

Depuis plus de 20 ans, la Ville de Victoriaville mène et finance des études pour régler les problématiques constatées au réservoir Beaudet. La consultation de la population et des experts a mené à la confection du projet de restauration du réservoir Beaudet.

Celui-ci vise à assurer la pérennité de l’approvisionnement en eau brute de qualité de la ville de Victoriaville, tout en favorisant le caractère récréotouristique du réservoir.

Un projet durable d'adaptation aux changements climatiques

Le projet de restauration du réservoir Beaudet permettra à la Ville de se prémunir des conséquences des changements climatiques, particulièrement en ce qui a trait à l’aggravation des sécheresses et des débits de pointe.

Le dragage permettra d’obtenir un volume disponible d’eau dans le réservoir Beaudet afin de pallier aux faibles débits envisagés dans la rivière Bulstrode en période d’étiage.

La réserve d’eau brute et la nouvelle prise d’eau permettront d’assurer l’approvisionnement en eau de qualité à l’usine d’eau potable Hamel, même lors des épisodes plus fréquents de forts débits dans la rivière Bulstrode.

Les infrastructures nouvelles et restaurées du projet permettront donc à la collectivité de Victoriaville et sa région de renforcer sa résilience climatique, ainsi que réduire les risques liés au climat mettant en jeu son alimentation en eau potable, une infrastructure essentielle pour la santé, la sécurité et l’activité économique de la région.

 

Le projet de restauration du réservoir Beaudet est le fruit d’une collaboration de l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion de l’eau de la région, soit:

  • les municipalités du bassin versant;
  • la MRC d’Arthabaska;
  • la MRC de l’Érable;
  • la MRC des Appalaches;
  • l’organisme du bassin versant COPERNIC;
  • les professionnels;
  • les universitaires;
  • le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques;
  • le ministère fédéral des Pêches et Océans Canada;
  • l’Union des producteurs agricoles;
  • les groupes conseils en agronomie;
  • l’agence forestière;
  • les citoyens;
  • etc.

Plusieurs séances de travail et de consultation ont été organisées pour s’assurer de mobiliser Victoriaville et sa région dans le projet, notamment des rencontres avec les agriculteurs, des assemblées de cuisine, des rencontres de consultation des citoyens et des élus, des rencontres avec les instances gouvernementales approbatrices, des séances de travail avec des experts, une table de concertation du bassin versant, etc.

 

Les problématiques

Accumulation de sédiments

Visualisation de la problématique liée à l'accumulation des sédiments dans le réservoir Beaudet de Victoriaville
Si rien n’est fait, le réservoir se transformera progressivement en énorme marais. Il ne sera plus en mesure d’assurer son rôle premier de réserve d’eau pour alimenter en eau potable la population de Victoriaville.

 

Depuis la mise en eau du réservoir Beaudet en 1977 pour assurer l’approvisionnement en eau potable de la Ville de Victoriaville, le réservoir se remplit progressivement de sédiments à raison d’environ 16,000 m3 par année, soit un taux de remplissage de près de 1% par année.

La capacité d’emmagasinement est passée de 1,539,787 m3 en 1979 à 911,836 m3 en 2018, soit une diminution de -41%, diminuant d’autant le volume disponible d’eau brute pour faire face aux sécheresses en période estivale.

La perte de profondeur moyenne du réservoir (de 1,76 m en 1994 à 1,2 m en 2018) entraîne une augmentation des températures de l’eau, accentuant le risque de la prolifération de cyanobactéries. Couplés à la présence d’activités agricoles dans le bassin versant en amont qui contribuent aux apports importants de phosphates et de nitrates dans le réservoir, la perte de profondeur y favorise une prolifération excessive de plantes aquatiques et son eutrophisation.

Si rien n’est fait, le réservoir se transformera progressivement en énorme marais. Il ne sera plus en mesure d’assurer son rôle premier de réserve d’eau pour alimenter en eau potable la population de Victoriaville.

 

Ensablement de la prise d'eau potable

À court terme, le principal risque concerne l’ensablement de la prise d’eau de la ville. Les sédiments fins s’accumulent dans la grande majorité du réservoir (figure 1) tandis que les sédiments grossiers s’accumulent à l’entrée (figure 2).

En résumé, l’augmentation importante des matières en suspension dans l’eau brute pourrait colmater l’entrée ou occasionner des bris importants dans les décanteurs de l’usine d’eau potable Hamel, mettant en péril l’approvisionnement en eau de la ville pendant des mois.

Ces constats ont poussé un consultant à prévoir, en 2014, que la viabilité de la prise d’eau existante serait de l’ordre de 7 à 10 ans si aucune intervention n’était effectuée. IL EST DONC URGENT D’AGIR.

 

Contamination potentielle par le parc industriel

Le réservoir Beaudet et la prise d’eau de l’usine d’eau potable Hamel se trouvent en aval des parcs industriels de Victoriaville. D’une superficie de plus de 4,000,000 m2, ces zones impliquent l’utilisation de produits toxiques pouvant potentiellement contaminer la principale source d’eau de Victoriaville en cas de sinistre.

En effet, le déversement accidentel de produits toxiques dans le réseau de drainage des parcs industriels menacerait l’alimentation en eau potable de la ville. Deux épisodes sont d’ailleurs survenus en 2016 et 2017 lorsque des incendies ont endommagé des installations industrielles.

 

Dégradation de la qualité de l'eau

La qualité de l’eau du réservoir se dégrade rapidement à la suite d’épisodes récurrents de forts débits dans la rivière Bulstrode, la source d’eau du réservoir.

Ces forts débits sont responsables de l’érosion de la rivière et du transport des sédiments vers le réservoir. Les rapides changements de la qualité de l’eau représentent un défi important pour l’équipe d’opérateurs de l’usine d’eau potable Hamel, ainsi que des coûts importants en produits chimiques pour le traitement de l’eau.

 

Les solutions

Aperçu des 4 zones du projet de restauration du réservoir Beaudet de Victoriaville

Le projet de restauration du réservoir Beaudet prévoit une série de solutions aux problématiques identifiées qui s'articulent dans 4 zones principales.

 

1. La réserve d'eau

Aperçu de la réserve d'eau du réservoir Beaudet de Victoriaville

Aménagement d'une nouvelle réserve d'eau située face à l'usine d'eau potable Hamel.

Ce mini-réservoir, isolé du réservoir principal par des digues, sera priorisé lorsque la qualité de l'eau dans le réservoir principal se dégradera.

Des centaines de balles flotteront à la surface de cette réserve d'eau afin d'éviter que les oiseaux ne s'y posent.

 

2. Le dragage des sédiments

Aperçu des zones de dragage de sédiments du réservoir Beaudet de Victoriaville

Aperçu du bateau de dragage des sédiments du réservoir Beaudet de Victoriaville

Dragage de restauration entre 2022 et 2030, puis dragage annuel de maintien au cours des années suivantes.

L'objectif est de maintenir une profondeur de 2,1 mètres dans cette zone.

Les sédiments seront aspirés par un bateau spécialisé acquis par la Ville (coût d'environ 1M$). Les opérations seront menées entre la mi-juillet et la 3e semaine de septembre, à chaque année.

Pour la sécurité de tous, une zone sera circonscrite autour du site de drague; les activités nautiques demeureront possibles sur le reste du réservoir.

 

3. La déshydratation des sédiments

Aperçu des équipements de déshydratation des sédiments du réservoir Beaudet de Victoriaville

Conduite flottante de la drague à la terre ferme, puis souterraine jusqu'aux installations situées hors site, dans le parc industriel P.-A.-Poirier.

Les sédiments seront déshydratés mécaniquement puis retournés par camion vers la (future) zone récréative.

 

4. La nouvelle zone récréative

Aperçu de la future zone récréative du réservoir Beaudet de Victoriaville

Aménagement d'une nouvelle zone récréative (agora ou aire multifonctionnelle équivalente à 2 terrains de football) à partir des sédiments déshydratés durant une période de 5 à 7 ans.

L'aménagement final de cette zone n'est pas déterminé et fera l'objet de consultations publiques.

 

Extra: Travaux en amont du réservoir

La vision durable du projet ne s’est pas limitée à sa portion dans le réservoir Beaudet. Depuis 2010, les études ont aussi porté sur les solutions possibles pour diminuer les apports sédimentaires de la rivière Bulstrode vers le réservoir.

Un plan d’action dans le bassin versant en amont du réservoir Beaudet a été élaboré pour permettre de diminuer les quantités de sédiments qui s’y déposent, diminuant autant les volumes des dragages d’entretien récurrents.

L’implémentation du plan d’action est déjà débutée. Celui-ci est séparé par
secteur.

Secteur forestier (amont du bassin)

  • réfection de ponceaux;
  • restauration de bandes riveraines;
  • maximisation de la rétention d’eau;
  • etc.

Secteur agricole (aval du bassin)

  • engrais vert;
  • culture de couverture;
  • plantes intercalaires;
  • aménagement hydroagricole;
  • aménagement de bandes riveraines;
  • etc.

Secteur rivière

  • protection des rives;
  • aménagement de bandes riveraines;
  • réouverture de bras morts;
  • etc.

Secteur municipal (portion de la ville de Victoriaville dans le bassin versant)

  • installation de génératrices aux postes de pompage Valère et Arthabaska;
  • détournement du rejet du site des neiges usées vers la rivière Nicolet.

Consulter les études

Thématiques associées
réservoir Beaudetrestaurationévolutionavenireau potableenvironnementbarragepasserellepompagefiltrationprise d'eau